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Karima Aallouche Derrazid
Psychologue clinicienne
à St Julien en Genvois
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La peur d'avoir...peur!

Le mal-être qui nous pousse à consulter est souvent sous-tendu par la peur. En effet, même si elle n’est pas le principal motif de consultation, la peur s’invite sur le divan.

A vrai dire elle ne loupe aucun rendez-vous.

Elle peut vous empêcher de venir en séance, de parler de certaines choses, elle freine aussi l’accès aux autres émotions, à certains souvenirs.

Une peur qui reste souvent muette et qui travaille en silence : nous avons peur…mais de quoi ?

Lorsqu’elle prend mot elle devient peur de perdre son travail, peur qu’un malheur ne survienne, d’être rejeté, peur de ne pas être à la hauteur, peur de tout perdre, de s’effondrer, de s’engager, d’être abandonné, peur d’être soi-même etc…

Parfois elle se fait angoisse à la recherche de l’objet perdu…

On voit ainsi que la peur peut prendre différents aspects et se dissimuler derrière des symptômes divers et variés : Un toc, une phobie, un burn-out, une phobie sociale, un trouble anxieux. Un symptôme qui est, finalement, l’arbre qui cache la forêt. Il faut souvent du temps pour accéder à LA peur sur laquelle le trouble s’est construit.

Mais pourquoi la peur avance-t-elle masqué ? Et au fond de quoi parle-t-elle ? Que dit-t-elle de nous ?

La peur est une émotion…jusqu’ici rien de nouveau. Il y a malgré tout, certaines émotions que nous exprimons, investissons plus facilement :

La joie, bien entendu,

La colère, parfois,

Mais nous arrivons moins à négocier avec notre peur, ou devrai-je dire NOS PEURS. Nous évitons, cette émotion comme si elle était la clé de la boîte de Pandora.

Et si nous faisions l’hypothèse que nous avons, en effet, une réserve de peurs nichées en nous. Toutes ces situations où nous nous sommes sentis vulnérables, dans une insécurité affective. Mais que nous refusons de voir, par peur…d’avoir peur !

Lorsqu’une situation éveille en sentiment de peur intense demandons-nous s’il s’agit d’une peur d’adulte, d’aujourd’hui ? Ou d’une peur ancienne ? Qui viendrait d’une époque où nous ne savions pas nous rassurer seul ? Comme une sorte de réminiscence d’une émotion lointaine, resté figer en nous.

Avons-nous vraiment coupé le fil avec nos peurs du passé ? Pas si sûr…

Notre rapport à la peur et aux émotions est en général conditionné par notre éducation. Il y a certains modèles éducatifs qui en essayant de sortir l’enfant de ses affects désagréables, l’empêche de vivre ses émotions. Comme s’il fallait vite en sortir.

« Faut pas avoir peur ! C’est rien du tout ! C’est pour de faux !» « Tu es grand maintenant, sois fort(e)».

Mais peut-on sortir d’une pièce où nous ne sommes jamais entrés ? Peut-on apprendre à faire avec des émotions que l’on n’a pas eu le temps de traverser ?

Une émotion ressentie en conscience, en son temps n’est pas subie. Une émotion réprimée, refoulée agit en silence, se fait muette car on ne l’autorise pas à s’exprimer. Alors elle se niche en soi et prend de plus en plus de place, fabrique des symptômes (trouble panique, TAG, dépression, phobie…).

Mais pas de déterminisme en psychologie, rien de ne perd, tout se rejoue ! A condition de s’écouter.

Pour briser ce cercle vicieux, imaginer que le ciel représente votre vie émotionnelle, les nuages, le soleil, les étoiles, la pluie, les arc-en ciels seraient les différentes émotions que vous ressentez durant votre vie.

Tour à tour dans le ciel, les éléments naturels se succèdent.  Vous pouvez être traversé par des nuages de tristesse, des pluies de larmes, des orages de colère et des joies ensoleillées, un calme céleste…. Rien n’est figé, votre ciel émotionnel, est en perpétuel mouvement, et c’est cela la vie psychique.

Peut-on décider du temps qu’il fera demain ? Peut-on décider de faire abstraction de la météo pour organiser nos journées ? Pas toujours.

Cependant nous pouvons tous les matins, jeter un œil à la couleur de notre ciel émotionnel, voir ce que dit notre météo interne : observer, accepter puis nommer nos émotions. Soleil ? Orage ? Brise ?

Et si « Gérer ses émotions » c’était de se laisser traverser par notre tristesse, notre joie, notre colère, notre peur ? Malgré notre déni, elles sont là, en nous, elles font leurs places en attendant d’être prises en compte.

Nous avons tous un jour ou l’autre besoin de nous reconnecter à nous-même, à nos émotions en exil.

Pour se fondre dans notre ciel, dans notre psychisme, nous pourrions essayer de reconnaître notre peur pour ce qu’elle est : une émotion qui passe…


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