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Karima Aallouche Derrazid
Psychologue clinicienne
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La psychogénéalogie : mémoire familiale et transmission

Lorsque je rencontre Mélissa en consultation, elle vient de perdre son bébé in utero, à huit mois de grossesse.

Pour faciliter son travail de deuil, elle décide d’offrir à son fils, de belles funérailles. Fragilisée par cette douloureuse perte, elle est accompagnée par sa mère, Nathalie, et sa grand-mère maternelle, Louise, pour l’organisation de la cérémonie.

Sa grand-mère n’hésite pas à se rendre régulièrement chez Mélissa bien que plusieurs centaines de kilomètres les séparent.

 

Au cours d'une discussion, elle lui confie qu’elle a elle-même perdu un garçon à huit mois de grossesse, et qu’elle n’a pas pu en faire le deuil. Après l’accouchement prématuré, le nourrisson avait été rapidement enterré sans qu’elle puisse être là. Louise et son mari avait préféré ne plus en parler et « enterrer cet évènement ».

La mère de Mélissa n’était pas au courant de cette histoire. Lorsque sa fille et Louise lui racontèrent, elle confia avoir subi en secret, une IVG avant la naissance de sa fille unique, Mélissa.

A l'occasion de cet évènement douloureux Louise et Nathalie ont pu raconter leurs histoires et lever ces tabous. Ce passage nous raconte comment trois générations de mères, qui portent le chagrin d’un enfant parti trop tôt, ont ensemble pu faire leurs deuils en préparant les funérailles du bébé de Mélissa.

Quel sens donner à cette répétition sur trois générations ? Y a-t-il un lien entre ces trois destins de femmes ou est-ce une pure coïncidence ?

Pour comprendre cette histoire nous allons nous intéresser à la psychogénéalogie : cette branche de la psychologie s’intéresse à la mémoire familiale, aux répétitions dans la généalogie.

Nous transmettons à nos enfants des valeurs, des habitudes, des façons d’être et de faire qui façonnent en partie leur rapport au monde et, leur vision de la vie.  

Nous leur racontons parfois leur pré-histoire, celle d’avant leur naissance, autrement dit celle de leurs ancêtres.

Cet héritage conscient porte en général sur l’histoire des grands-parents, voire arrière-grands-parents :

  • leurs parcours personnel, familial, professionnel se transmettent comme l’Histoire de nos origines.  
  • Ces récits nous permettent de nous inscrire dans une généalogie plus large que celle de notre famille actuelle, de nous enraciner dans une mémoire commune.
  • Ils sont porteurs d’énergie, de force car ils sont gages de transmission. Il peut s’agir d’un arrière-grand-père passionné par la montagne,  d’un grand-père qui partageait son amour du terroir, d’une grand-mère ayant « fait » Mai 68…

 

Mais il y a aussi un legs inconscient :

  • les situations d’exils, de violences intrafamiliales, les amours impossibles, les mariages arrangés, les abandons, les pertes d’enfants, les grossesses hors mariage, les adultères, la maladie, les deuils non faits, la guerre, les rêves brisés etc…
  • Il s’agit d’évènements de vie marquants, traumatiques dont on ne parle pas, par convention sociale par exemple : « A l’époque ces choses-là ne se racontent pas, c’était comme ça ».
  • Leurs statuts de « secret » leurs prodiguent une forte teneur émotionnelle qui peut se traduire chez les descendants par des répétitions de scénarios, des symptômes, des difficultés relationnelles ou des blocages dans la vie. On parle donc de transmission transgénérationnel ou de transmission psychique inconsciente.
  • Certaines personnes se sentent « bloqués » dans leur vie malgré leurs tentatives pour s’en sortir. D’autres répètent les mêmes schémas amoureux sans se donner le droit d’aller vers autre chose. Certains couples souffrent d’infertilité inexpliquée. Autant de situation qui peuvent renvoyer à une répétition transgénérationnelle.

Dans l’histoire de Mélissa, le secret autour du deuil non fait de sa grand-mère et de l’IVG caché de sa mère s’est transmis de manière inconsciente.

Mélissa a pu comprendre qu’elle avait répété l’histoire du « deuil maternel », inscrite sur deux générations dans sa lignée, pour permettre à sa grand-mère et sa mère de sortir du secret et de reprendre leur travail de deuil.

Elle a levé le tabou en décidant de faire face à son deuil, d’en parler et d’organiser des funérailles pour dire au revoir à son enfant. Elle ne s’est pas enfermée dans le silence pour éviter son chagrin comme sa mère et sa grand-mère se sont senti contraintes de le faire.

En partageant son histoire, en nommant ses émotions, Melissa a évité que cette histoire traumatique ne continue de se transmettre dans sa généalogie. Deux années plus tard elle a donné naissance à une petite fille.Entrez votre texte ici

Nombre de familles sont concernées par cette transmission inscrite sans encre dans la mémoire familiale. C'est donc un véritable travail d'archéologie qui s'engage pour reconstituer les vestiges qui fondent l'histoire de nos ancêtres et se sortir de ce déterminisme inconscient.


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